Brèche W du col du Requin – Voie Sorenson Eastman

Après une belle petite goulotte à la Pointe 2977 de la Dent du Requin et une bonne nuit seuls au refuge, nous partons pour l’envers du Requin. Le réveil sonne a 5h00, départ 6h00, nous espérons arriver au pied avec les premières lueurs du jour.

L’approche se fait tranquillement à ski en remontant le glacier de l’Envers de Blaitière en rive droite.

L’ambiance dans ce cirque est grandiose… Avec le jour qui se lève, les Aiguilles de Chamonix se dévoilent petit à petit sous un angle nouveau. Plus on se rapproche de notre objectif, plus ces monolithes de granit paraissent imposants et écrasants. L’absence de toute présence humaine en ces lieux nous empêche d’avoir une échelle, une référence, pour apprécier la taille des géants qui nous entourent.

Avec pour seul bruit nos peaux de phoques qui glissent sur la neige, nous nous laissons divaguer et apprécier ce moment onirique intense. Ce sont ces moments là qui me permettent de me sentir privilégié…

Nous arrivons au pied du couloir d’accès avec les premiers rayons de soleil qui viennent caresser le sommet de l’Aiguille Verte. Nous troquons notre matériel de ski pour celui d’alpinisme.

La rimaye béante est imposante, la première difficulté de la journée est annoncée !

Motivé pour cette longueur de neige aux aspects effrayants, j’attaque avec le franchissement de la rimaye. Au centre et à droite elle est ouverte sur une dizaine de mètres. la seule option est sur la gauche, ou un effondrement de la partie supérieure permet de traverser sur de gros blocs de neige pour rejoindre une rampe de neige, à condition d’être délicat.

Ce passage ne tiendra pas longtemps, et peu vite devenir infranchissable. dans ce cas, une longeur de rocher à droite par une rampe peut permettre de rejoindre le couloir.

Théo prends le relai et attaque un beau ressaut en glace, conditions de neige/glace parfaites !

On remonte ensuite le couloir en neige, interrompu de petits ressauts de glace. Comme nous ne savions pas trop ce qui nous attendais au tournant, nous avons tirés 4 longueurs à 60m, mais tout le début du couloir est propice à la corde tendue.

On arrive ensuite à la bifurcation avec les voies « Ice is nice », « Nouvel Horizon », et « Sorenson Eastman ». « Ice is nice » a également été parcourue et semble en bonne conditions, mais nous ne changeons pas de programme, les magnifiques longueurs de la « Sorenson Eastman » attirent inévitablement notre regard de grimpeurs.

Théo attaque par une grande longueur de 55m, un raide mur de glace/neige Kouik en 5. Les conditions sont optimales, mais la longueur est néanmoins soutenue. Pas de marches comme on peut trouver dans d’autres itinéraires très parcourus ces derniers temps.

Je continue par une longueur un peu plus raide mais plus courte, d’environ 25mètres… La glace y est bonne, les protections sont correctes et les ancrages excellents, un vrai régal.

Après avoir assuré Théo depuis un relais très inconfortable, Je continue en tête dans deuxième partie de ce ressaut. La glace se fait plus minces et les broches posées offrent une protection illusoire. Heureusement on peut poser des protections bétons dans le rocher. La longueur est engagée, mais la grimpe avec ces conditons n’est pas trop difficile..

Un bon point posé après le rétablissement permet de souffler un peu !

Entre temps on a pris un peu de hauteur et les paysages deviennent grandioses… Plusieurs centaines de mètres plus bas, de nombreux skieurs parcourent la vallée blanche et ignorent tout des yeux qui scrutent leur descente, bien plus haut.

Plus haut dans la goulotte, on alterne avec longueurs de neige et ressaut en glace, moins soutenus mais pas évident pour autant !

On dépasse les dernières traces ou nos collègues se sont arrêtés. Le timing est correct, on essaye d’aller voire un peu plus haut. Une dernière longueur en neige assez engagée nous mène au pied du mixte final.

Très motivé pour sortir, je me porte volontaire pour aller voir la dernière longueur de mixte qui n’était que très peu acceuillante. Pas de glace, des bouchons de neige inconsistante, et la sensation de grimper sur les blocs branlants qui sont simplement cimentés par le gel. Rien de très rassurant, et je décide de sortir du dièdre-cheminée sur petite terrasse a mi longueur. il y avait là sangle de réchappe, c’est décidé je n’irais pas plus haut. Pas de regrets, mieux vaut s’arrêter là que de se faire mal !

On entame la longue série de rappels, avec le sourire des bons jours… Mais on est encore loin d’être à chamonix.

Au final retour au pied de la goulotte avec le coucher de soleil, avant que de beaux virages en neige poudreuse nous ramènent sur le plat de la Mer de Glace avec les dernières lueurs du jour…

Bientôt un petit résumé vidéo !

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