Aiguille de Savoie – Voie Preuss

A l’occasion de la semaine d’application du Stage Final du Guide, nous avons eu l’occasion avec Pierre Boucher et Sylvain Prebet, de guider nos clients Hubert, Fernanda et Christian sous la supervision de Charles Noirot, sur cette belle arête dans le sauvage cirque glaciaire de Triolet.

Remettons les choses dans leurs contexte : Paul Preuss (1886-1913) est un grimpeur autrichien célèbre pour ses ascensions en solo, partisan de l’escalade sans corde et sans pitons, qui sont selon lui sont seulement des artifices.

Preuss publie plusieurs articles sur sa philosophie de l’escalade l’année précédant sa mort, il présente sa conception de l’alpinisme.

Ces théorèmes (paraphrasés) sont :

  1. les capacités d’un grimpeur devraient toujours être supérieures à celles demandées par la voie entreprise ;
  2. on ne devrait escalader que des voies qu’on peut désescalader ;
  3. tout moyen d’assurage artificiel ne se justifie que dans de soudaines et extrêmes situations ;
  4. les pitons ne doivent être utilisés qu’en cas d’urgence et non comme aide lors d’une ascension ;
  5. la corde sert à faciliter l’escalade mais jamais comme seul moyen de rendre une ascension possible ;
  6. le principe de sécurité dérive d’une honnête estimation de ses capacités, pas de l’utilisation de moyens de progression artificiels.

Durant sa courte carrière ( mort à 27 ans) il a parcouru plus de 1200 itinéraires dans les alpes, dont 300 en solitaires, parmi lesquelles 150 premières. On retiendra notamment le célèbre solo en aller/retour au Campanile Basso dans les Dolomites.

Dans le massif du Mont Blanc, il aura laissé sa marque sur la longue arête Sud de l’aiguille de Savoie, qu’il a ouverte en solo (en aller retour, depuis la vallée à la journée) en 1913. La difficulté raisonnable de l’itinéraire et la solitude quasi garantie dans ce recoin du massif on fortement motivé Charles à nous proposer cette course, une belle idée pour laquelle nous lui sommes tous reconnaissants.

En cette année 2021, le refuge Dalmazzi n’est pas gardé, et c’est donc avec des sacs biens chargés pour trois jours que nous montons rejoindre ce petit îlot de paradis. La stratégie est la suivante : J1 montée au refuge, J2 aiguille de Savoie, nuit au refuge en toute tranquillité avant de redescendre le lendemain matin.

Aiguille de Savoie au centre

La corvée d’eau nous permet de prendre un peu de hauteur et par la même occasion de repérer l’itinéraire du lendemain.

Un départ du refuge à 5h00 du matin nous permettras de prendre pied sur le glacier aux lever du jour, la saison étant bien avancée nous sommes ravis d’y voir clair pour trouver le meilleur cheminement pour nos clients.

photo Charles Noirot

Après 2h30 d’approche depuis le refuge, nous prenons pied sur l’arête sur une selle neigeuse evidente.

Une sublime mer de Nuages s’offre a nous. Le rocher est excellent, les fours a cristaux sont malheureusement déjà tous vidés. Les difficultés raisonnables et le cheminement évident sur le fil nous permettent de laisser le Topo dans la poche et d’avancer en mode pilote automatique…

Photo Charles Noirot

Après un esthétique parcourt où nous prenions modérément de la hauteur, nous rejoignons l’échappatoire. Une grande Vire parcours toute la face Est de l’Aiguille de Savoie et permets de rejoindre la ligne de rappel, qui est à préférer à la voie normale au vu de la médiocre qualité du terrain si la neige est absente..

Malheureusement Christian montre des signes de fatigue, et la décision est prise qu’il entamera la descente avec Pierre. Les deux autres cordées continueront jusqu’au sommet.

Nous arrivons en premiers au sommets avec Hubert, ce qui nous laissent pleinement le temps d’apprécier le panorama féérique qui nous est offert sur ce sommet reculé.

Tous réunis au sommet, nous entamons un descente en grappe en bonne et due forme par la ligne de rappel de la face Est, avant de rejoindre les traces de Pierre et Christian sur le glacier.

Le retour se fera sans encombres jusqu’au refuge, avec la satisfaction de savoir que nous passerons une nuit de plus dans cet endroit magique, juste pour le plaisir !

Le lendemain nous repartons direction la vallée en passant au pieds des belles voies de la Paroie des Titans, sur les contrefort des mont rouges de Triolet.

De retour dans la vallée, une dernière vue sur le sommet de la veille s’offre a nous, avec la satisfaction de la course accomplie.

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